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Rééducation après prothèse de hanche

La prothèse totale de hanche (PTH) a été qualifiée par certains « intervention du siècle » (dernier !) car elle permet d’espérer une hanche totalement oubliée.

Sauf cas particulier, aucun centre de rééducation n’est nécessaire. La rééducation entourant la pose d’une PTH ne doit pourtant pas être négligée, l’adage courant « lève-toi et marche » pouvant ne pas être suffisant.
Une rééducation avec un kinésithérapeute peut être entreprise (une quinzaine de séances vous auront été prescrites) mais il s’agit plus d’une réadaptation à la marche qu’une véritable rééducation.

L’intérêt est de se faire épauler par un kinésithérapeute pour éviter les positions malheureuses qui pourraient conduire à une luxation de la prothèse.

Idéalement, le programme d’éducation pourrait être démarré avant l’intervention.

A ce stade, le kinésithérapeute peut déjà intervenir et mettre en confiance le futur opéré, en expliquant dès le préopératoire la prise en charge postopératoire.
L’utilisation d’une voie d’abord antérieure et la planification 3D au scanner permettent de personnaliser cette rééducation (coussin entre les membres inutile, consignes anti-luxations différentes) et de sécuriser la mise en mouvement (déglobulisation minime, risque de luxation quasi inexistant, restitution optimum de la longueur, restitution ad integrum du bras de levier des fessiers).

En effet, pendant les 45 premiers jours, même si le Docteur Rouxel utilise une voie d’abord antérieure mini- invasive dont la réputation est d’éviter la complication que représente la luxation de la prothèse, apprendre certaines consignes comme ne pas forcer et utiliser convenablement des cannes peut être judicieux.

Il convient surtout d’éviter les mouvements en extension et en rotation externe. C’est-à-dire : le membre inférieur en arrière et le genou tourné vers l’extérieur.

Pour se faire, quelques conseils simples :

– En position assise : éviter de pivoter le bassin et de tendre le bras pour attraper un objet,
– En position debout : éviter de pivoter brutalement sur le pied opéré pour vous tourner vers le côté non opéré, – En position allongée : éviter de laisser le pied et le genou tournés excessivement vers l’extérieur.

Ainsi, le travail au lit et en chambre est écourté (transferts…) tandis que la mise en situation de fonctionnement de la PTH est avancée (couloirs, escaliers, sevrage rapide des cannes), le kinésithérapeute insistant sur le rôle actif du patient dans le processus de réhabilitation.
Conjointement, son rôle sera d’éduquer le patient pour les gestes de la vie quotidienne (s’asseoir, se lever, se laver, s’habiller, marcher), sans négliger les activités futures (auto, avion, reprise des activités sportives et sexuelle, etc…).

Le travail du kinésithérapeute semble donc évoluer, puisqu’il s’occupe désormais d’un patient plus responsabilisé, moins douloureux.
Il craint moins la luxation précoce, la verticalisation est moins risquée et la déambulation plus rapide, sans long besoin de cannes (hors greffes osseuses et reconstructions).

Tous deux peuvent ainsi envisager un futur plus rapide et motivant (reprise de son autonomie et de toutes les activités quotidiennes, domestiques, de loisir, de jardinage etc…) pour arriver au but final : accompagner un patient dont la prothèse devient vite « oubliée ».

Au bout de six semaines, ce risque de luxation diminue drastiquement et fini par disparaître car les tissus mous (tendons, ligaments, muscles) ont fini par cicatriser et se coller à la prothèse.

Pour le kinésithérapeute amené à prendre en charge le patient en postopératoire, les années 2000 avec l’apparition des voies mini-invasives et les progrès antérieurs concernant les implants posés ont modifié la donne en améliorant les suites immédiates de l’intervention.

Ceci est vrai en postopératoire immédiat (minimisation des pertes sanguines et prévention des luxations précoces) mais à 6 mois les résultats fonctionnels semblent identiques.
Les avantages de ces voies réduites peuvent être appréciés dès le postopératoire immédiat (premier lever, premiers pas).

Les précautions générales à respecter ultérieurement après la mise en place de la PTH sont quasiment les mêmes quels que soient l’abord ou le type de prothèse utilisé.
Les premières semaines, à l’intérieur : le patient devra « choyer » sa “nouvelle hanche”. Au début, la zone autour de la blessure sera chaude et enflée. En marchant, cette sensation diminuera. Il est conseillé d’acheter certains auxiliaires et de prendre des précautions afin de réduire le risque de luxation (lit, salle de bains, habillage, assise, montée et descente des escaliers, ramassage d’objets, etc…). A l’extérieur, sorties et marche quotidienne sont autorisées sans faire de grandes enjambées même pour éviter un obstacle. Au début, on préférera les sols réguliers et plats sans s’encombrer de charges lourdes. Parfois, compte tenu de l’absence de douleurs et d’insuffisance du moyen fessier, il faudra freiner le patient qui aura tendance à reprendre ses activités trop vite et à avoir trop confiance en lui : l’atonie musculaire persiste pendant deux mois et même en cas de voie mini invasive, le risque de luxation de la PTH existe. Dans d’autres cas, le patient devra être stimulé, mis en confiance, et être sevré de ses cannes très rapidement avant que ne s’installe une véritable insuffisance musculaire de non- utilisation.

Ultérieurement : il faudra éviter les postures exposant au risque de luxation de la prothèse (grande extension de hanche et forte rotation externe pour la voie antérieure), en attendant que les muscles qui entourent la PTH retrouvent leur tonus (2 mois).
La reprise de la conduite est variable (1 à 2 mois), assise genoux serrés en pivotant pour se mettre face au volant. Des essais sur les pédales (réflexes) sont utiles sur une zone d’essai dégagée…

La reprise du sport est envisageable, et se limite à des pratiques peu traumatisantes (vélo, natation, pas de sauts…) en sachant que le footing exerce des sollicitations répétées néfastes pour la prothèse.
Les sports qui peuvent provoquer des luxations ou des fractures autour de la prothèse (ex : ski) doivent être évités dans la mesure du possible. Le patient doit être éduqué et doit comprendre que sa PTH justifie une surveillance régulière, que tout foyer infectieux doit être soigné rapidement et qu’il faut consulter en cas de prothèse douloureuse.

Il existe néanmoins des spécificités en matière de pose de PTH, notamment en cas d’abord antérieur. En effet en posant une PTH par cette voie :

Le risque de luxation post-opératoire est minimisé

Le confort au lit dès le retour du bloc opératoire est meilleur avec moins de contraintes de
positionnement, le classique coussin entre les membres inférieurs inutile

Les gestes luxants théoriques (forte rotation externe, rétropulsion) sont facilement
compréhensibles, d’autant qu’ils sont peu physiologiques

La position assise est non luxante, avec une moindre tension cicatricielle que par un abord
postérieur

Les mouvements de la vie quotidienne sont rapidement acquis (marche, escalier, habillage,
laçage des chaussures…). Les plus motivés peuvent même tester leur prothèse en situation de marche le jour même…

À J1, le premier lever est facilité, possible sans béquille, avec une marche dans la chambre en
appui complet puis une mise au fauteuil pour la journée. On insiste sur le verrouillage du genou, la mobilisation en passif et actif du genou et de la hanche (flexion 90° max, abduction 20°), les contractions musculaires isométriques.

À J2, la marche est possible dans le couloir et à volonté. La boiterie est minime à titre antalgique et de mise en confiance pendant deux jours, en luttant contre le flessum de hanche durant la phase de verticalisation. On insiste sur le renforcement musculaire des fessiers, du quadriceps et des extenseurs de hanche.

À J3, les montées et descentes d’escalier sont enseignées, marche après marche, sans assistance et sans appui sur la rampe.

Ainsi, le sevrage des cannes anglaises se fait dans la plupart des cas lors de l’hospitalisation (4 à 7 jours), ce qui autorise une sortie de l’établissement dès J4 (borne basse du GHS…)

La fonte musculaire est insignifiante, sans déficit du moyen fessier.

Ainsi, le retour au domicile peut être précoce sans passage par une structure lourde de rééducation, avec pour seule rééducation la marche et l’escalier, en aidant le patient à retrouver son autonomie et en l’éduquant (gestes à faire et à ne pas faire, conseils d’hygiène de vie, activités physiques possibles et délais).
Au besoin, une ordonnance de rééducation type est donnée au patient.

Les patients seuls, faibles et/ou âgés ou présentant des hanches difficiles (geste opératoire plus long) peuvent néanmoins être adressés en centre durant 2/3 semaines (20% de notre série).
A l’inverse, une PTH en hospitalisation de jour peut être envisagée pour les plus motivés, suivant la tendance actuelle (nécessité d’une check list de sortie).

Nouveauté 2020 : cette rééducation peut être suivie de façon connectée grâce à une montre intelligente, une tablette numérique et une solution digitale (le Dr Rouxel utilise la solution Move up).

Questions diverses :

 

Comment gérer le quotidien immédiat ?

Comment se tenir dans le lit :
• Allongez-vous la jambe opérée dans l’axe
• Placez un coussin entre vos jambes
• Ne laissez pas votre pied aller vers l’extérieur
Comment se tourner sur le côté :
• Mettre un coussin entre vos jambes
•Toujours replier les jambes sur soi avant de se mettre sur le côté.
Pressez l’oreiller et roulez sur le côté en tournant d’un bloc
(Épaules et bassin).
Comment sortir du lit :
• Le lever se fait du côté de la jambe opérée.
• Jambes étendues et parallèles, pivotez bien à plat (en forçant sur les abdominaux) et asseyez-vous sur le bord du lit.
• Vous pouvez vous aider en plaçant votre pied de la jambe non opérée sous la cheville de la jambe opérée pour ensuite pivoter.
Comment se coucher :
• Même principe que pour se lever. S’asseoir au bord du lit côté jambe opérée, le plus près des oreillers, et pivoter jambes parallèles en s’appuyant sur le bras (ou en s’aidant de la jambe non-opérée) vers le centre du lit. Comment vous asseoir :
• Prendre une chaise avec des accoudoirs
• Jambe opérée étendue vers l’avant, penchez-vous en avant et prenez les accoudoirs.
• Contrôlez votre descente sans vous laissez tomber.
• Éventuellement, ajoutez un rehausseur sur vos WC, et éventuellement une barre d’appui.
Comment faire sa toilette
• Pour la toilette des pieds, une brosse à long manche est moins dangereuse.
Comment s’habiller :
• Utiliser de longues pinces pour enfiler des chaussettes (ou des enfile-bas).

• Utiliser un chausse pied à long manche.
• Habillez-vous la jambe opérée la première, ·pour vous déshabillez, faites l’inverse.
Comment ramasser un objet :
• Si vous voulez ramasser quelque chose au sol, prenez appui sur un objet stable et mettre la jambe du côté opéré légèrement en arrière, pointe de pied en dedans et fléchir les deux genoux. Ne pas ramasser d’objet au sol en position assise.
Comment monter dans une voiture :
• Asseyez-vous de côté en prenant appui d’une main sur le tableau de bord et de l’autre sur le dossier du siège. Faites pivoter ensemble les jambes et le tronc vers l’intérieur.
Comment descendre de voiture :
• Reculez le siège, faites pivoter ensemble les jambes et le tronc vers l’extérieur, levez-vous en prenant appui sur le tableau de bord et le siège.
Comment se déplacer avec des béquilles :
• Avancez les béquilles (pas trop loin)
• Avancez la jambe opérée à hauteur des béquilles
• Avancez la jambe non-opérée à la même hauteur
Avec l’accord du kinésithérapeute, avancez la jambe non-opérée plus loin pour avoir une marche normale
Après plusieurs jours, lorsque vous serez à l’aise, vous pourrez marcher avec une seule béquille.
Pour cela, il faut tenir la béquille du côté de la jambe opérée et l’avancer en même temps que la jambe opérée. (Attention, la béquille ne sert pas d’appui mais d’accompagnement). Enfin, après 3 à 4 semaines, dès que vous vous sentez suffisamment à l’aise, vous pourrez marcher sans béquille.

Comment éviter le risque infectieux ?

Une prothèse a été implantée. Il s’agit d’un corps étranger. Une contamination peut subvenir par l’extérieur à travers la cicatrice qui reste fraîche.

Dans ces conditions, certaines précautions sont à prendre :

– Éviter de toucher au pansement,
– Ne pas toucher la cicatrice,
– Veiller à une hygiène quotidienne rigoureuse,
– Se laver les mains après chaque repas et après être allé aux toilettes,
– Changer de vêtements régulièrement,
– Ne pas entreprendre de travaux salissants durant un mois (jardinage, bricolage, travaux ménagers…).

Quels signes doivent m’inquiéter ?

– Une température à 38° plusieurs jours de suite (durant les 15 premiers jours, une température a 37,5/38° correspond à la résorption des hématomes et est tout à fait normale),
– Un gonflement et/ou rougeur de la cicatrice qui devient douloureuse,
– Une douleur au mollet (suspicion de phlébite),

– Une oppression respiratoire (suspicion embolie pulmonaire), – De façon générale, tout symptôme nouveau.

Autre questions

J’ai été opéré d’une prothèse totale de hanche et j’ai l’impression d’avoir une jambe plus longue que l’autre. Il s’agit d’une situation fréquente mais moins qu’auparavant.

En effet, la planification préopératoire permet de prédire le type d’implant à poser et la longueur finale.

Néanmoins, le fait de s’être habitué à une articulation usée peut, après la mise en place d’une prothèse totale de hanche restituant la longueur initiale, aboutir à l’impression d’un membre trop long.

Dans certaines situations, un compromis a été nécessaire pour obtenir une stabilité suffisante.
En général, le bassin compense cette différence et cette impression disparaît vers le troisième mois. Au-delà, si besoin, une compensation par une talonnette, peut s’avérer utile.

J’ai été opéré d’une prothèse totale de hanche et j’ai du mal à monter les marches, est-ce normal ?

Oui car la flexion de hanche est sous la dépendance du muscle psoas qui a été affaibli durant la maladie et qui a été écarté durant l’intervention chirurgicale. Il peut donc être sidéré quelques semaines et ne retrouvera sa force que progressivement au fil du temps.

Puis-je voyager ?

Oui, hors cas particulier.
Il est quand même judicieux d’attendre la fin du premier mois et le premier contrôle avec votre chirurgien. De façon générale, il fait éviter les longs trajets compte tenu du risque de phlébite les deux premiers mois.

En voiture, il est préférable d’être passager sur le siège avant droit, reculé au maximum.
En avion, il est judicieux de se dégourdir les jambes toutes les deux heures et de porter les bas de contentions durant 45 jours.

A noter que la reprise de la conduite automobile ne sera possible qu’au bout du 45e jour (risque de problème d’assurance en cas d’accident).

Pour en savoir plus

Poser une question au Docteur Yves Rouxel